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Radio numérique terrestre: on avance en France
03/06/2009
Alors que l’Allemagne diffusera de la RNT sur tout son territoire dès début 2010, le CSA arrête le 26 mai 2009 son choix pour trois villes d’expérimentation et de poser les jalons d’un calendrier de déploiement.
Les premiers élus pour la RNT ont été annoncés par le CSA ce 26 mai 2009. Paris, Nice et Marseille sont les 3 premières agglomérations dont les pré-sélectionnés sont désormais connus.

Les acteurs du secteur se félicitent de ces perspectives de moderniser le seul média qui restait exclu des évolution techniques. La RNT doit offrir de meilleurs services, une meilleure qualité et davantage de diversité dans les contenus.

La RNT

La RNT convertit le signal sonore en données numériques (généralement compressées) et les transmet par des procédés spécifiques aux technologies utilisées (satellite, Internet, terrestre VHF, terrestre UHF, câble, etc.)

Outre une meilleure qualité du son, cette numérisation permet de véhiculer de l'information associée (métadonnées d’un extrait musical, donnée complémentaire d'information telles les coordonnée GPS d'un accident dans un flash routier...). Elle permet enfin de diffuser plusieurs radios sur la même fréquence (multiplexage), et donc de tirer mieux parti du spectre disponible.

Parmi les inconvénients, on peut citer l’allongement de la chaine de valeur, le prix et l’autonomie des récepteurs, et leurs conséquences possibles sur le paysage radiophonique français.

Les radios devront passer par un nouveau prestataire appelé « multiplexeur », nouvel élément de la chaine de valeur qui coordonne la diffusion de neuf programmes sur une même fréquence. Cette nouvelle obligation pose la question des huit partenaires que chaque radio devra trouver, et des coûts supplémentaires induits. L'accessibilité de la RNT aux radios associatives est donc un point difficile. En outre le multiplexeur pourrait se trouver en capacité technique de contrôler la diffusion d'une station radio, ce qui relève de la puissance publique (CSA).

Des récepteurs RNT devront être achetés par les auditeurs, or leur coût est supérieur de quelques dizaines d'euros à celui des récepteurs FM, en outre leur autonomie est bien moindre. Les foyers français comptent une moyenne de 6 récepteurs radios. La montée en puissance de l'équipement des particuliers sera donc un facteur limitant dans la diffusion de la RNT, à moins qu'une campagne incitant à la migration assortie d'une date de fin de diffusion de la FM ne soient proposés, ce qui est le cas en Allemagne et au Royaume-Uni, mais n'est pas prévu en France.

La question du standard

La France a choisi pour sa RNT le standard T-DMB pour remplacer la FM, or des acteurs (association DR France par exemple) s'élèvent contre cette exclusive et pointent le fait que l'Allemagne vient de choisir le format DAB+, tout comme le Royaume Uni qui a décidé d'abandonner son précédent format de RNT (DAB). T-DMB et DAB+ sont par ailleurs des formats historiquement proches et des récepteurs multistandards existent. DR France montre même que la gestion technique des deux normes différentes (DAB+, T-DMB Audio) issues de la même famille (Eureka 147) est parfaitement possible et même réductrice de coût sur un même multiplex.

Compte tenu du lancement par phase de la RNT en France, les pouvoirs publics pourraient encore revenir sur l'exclusivité accordée à T-DMB, ce qui irait également dans le sens de ce qui est annoncé par les fabricants de récepteurs.

L'arrivée sur le marché de postes de radio internet (wifi radio, autoradio 3G, smartphones) constitue un autre type de concurrence pour la radiodiffusion numérique qui peine à rassembler, de ce fait, la confiance et les investissements massifs nécessaires pour la construction d'une infrastructure spécifique d'émetteurs. Des récepteurs multistandards incluant la radio par internet et une fonction lecteur de MP3 sont également attendus.

Philippe Magnabosco
AFNOR

 
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